
Clôture du Mois de la Femme : Mama Ushirika Ouvre la Voie à la Masculinité Positive et à l'Autonomisation des Femmes
Pour marquer la clôture du mois de mars, mois dédié aux droits de la femme, la plateforme du REMED, Mama Ushirika, a réuni, ce lundi 31 mars 2025, une trentaine de femmes, dont le personnel féminin du REMED à Goma, ainsi que les épouses des membres de l’équipe REMED. Ce fut une journée de réflexion durant laquelle quatre thématiques essentielles ont été abordées, avec une attention particulière portée sur la masculinité positive.
La gestion de l'information en période de crise, la thérapie de groupe, et la prévention des exploitations et abus sexuels (PEAS) faisaient également partie des sujets développés. Cependant, c'est sur la masculinité positive que les échanges ont particulièrement trouvé un écho auprès des participantes.
Brigitte BANDEKE, responsable du centre Mama Ushirika, a souligné que, malgré les avancées réalisées en matière de droits de l'Homme, et plus spécifiquement des droits des femmes, les normes de genre continuent de dicter les comportements et de perpétuer la violence dans la société. « Il est donc crucial de réunir nos semblables pour discuter de la manière de briser ces normes du genre, afin de promouvoir une société plus inclusive et paisible » a-t-elle affirmé. Elle a ajouté que le contexte sécuritaire complexe du Nord-Kivu, marqué par un regain de violence, crée une pression psychologique importante, alimentée par la propagation de fausses informations. La gestion de ces informations, particulièrement sur les réseaux sociaux, a été un autre point central de cette journée de réflexion.
Les témoignages des participantes ont enrichi les discussions. Une épouse de membre du staff REMED a exprimé sa satisfaction :
"J'ai beaucoup appris aujourd'hui, et la séance de détraumatisation m'a vraiment apporté un grand soulagement. Ce soir, en rentrant chez moi, je serai prête à discuter avec mon mari et à l'encourager à adopter la masculinité positive. Pour une activité similaire, n'oubliez pas d'inviter mon mari !"
Pour Mubueya Gladys, principale panéliste et directrice de l'organisation EFIM,
la masculinité positive est une arme efficace contre les violences dans la société et les foyers. « Chaque personne a un rôle à jouer pour transformer les normes rétrogrades du genre, qui discriminent la femme et la jeune fille » a-t-elle expliqué. Elle a noté que, bien que les participantes aient commencé la journée de manière distante, elles sont devenues plus interactives grâce à des exercices de groupe.
Un autre témoignage corrobore cette vision : « Cette journée a été un rappel important sur ce que je représente en tant que femme. Dépendre uniquement de mon mari m'expose à des abus. Il est essentiel de travailler sur mon indépendance financière pour aider mon mari à construire un foyer solide »
Kanyere Yvette, employée du REMED en tant que cleaner, a partagé son combat contre le stress : « Cela fait des mois que je ne supporte plus de parler aux gens. Je suis devenue très sensible aux propos choquants. J'espère que les exercices de relaxation et la thérapie m'aideront à surmonter cette pression. »
L'événement a aussi abordé la question cruciale de la gestion de l’information en temps de crise. Une autre épouse du staff REMED a confié :
« Ce dont nous avons parlé est tout à fait pertinent. Mon mari et moi avons souvent des nuits blanches à cause des messages alarmistes circulant sur les réseaux sociaux. Ce que je ne savais pas, c'est que j'étais aussi