Nyamilima : une mystérieuse maladie décime les champs de tomates à Binza
Depuis le mois d’avril, les producteurs de tomates du territoire de Rutshuru font face à une menace inquiétante. Une maladie inconnue attaque les plants dans les bassins agricoles de Nyamilima, entraînant un flétrissement progressif jusqu’au dessèchement complet. Conséquence : la production s’effondre et la tomate, ingrédient de base dans de nombreux ménages, se fait de plus en plus rare sur les marchés.
À Binza, groupement longtemps réputé pour ses vastes champs de tomates, la situation est alarmante. « La plante de la tomate fane et sèche à mesure qu’elle grandit. Ça nous déchire le cœur, car la maladie se répand sur l’ensemble du champ. Nous, comme agriculteurs, nous travaillons en perte », témoigne Jérôme Ndizeye, producteur local rencontré le 22 août par le reporter Jean Sensore de Habari za mahali.
La disparition progressive de la tomate a déjà des répercussions visibles : les consommateurs peinent à s’en procurer et les commerçants accusent une chute de revenus. Les nutritionnistes, eux, rappellent l’importance de ce légume dans l’équilibre alimentaire, notamment pour la préparation des sauces et plats traditionnels.
Face à cette crise, les producteurs lancent un appel pressant. « Nous risquons de ne plus avoir de tomates à Binza. Que les ONG qui interviennent dans l’agriculture viennent constater la situation et, si possible, nous apportent des médicaments ou des techniques pour lutter contre la maladie avant que nos champs ne disparaissent », plaide Jérôme Ndizeye.
Si rien n’est fait, c’est toute une filière locale qui pourrait s’effondrer, privant Binza de son statut de grenier à tomates du Rutshuru. Un enjeu qui interpelle autant les autorités que les partenaires agricoles.
Article rédigé à partir du reportage de Jean Sensore, correspondant de Habari za mahali, un bulletin produit par le consortium REMED, CORACON, UNPC et JED avec l’accompagnement de La Benevolencija Grand Lac.