Masisi : les retournés peinent à relancer leurs activités face à l’insécurité et aux difficultés économiques
Revenus récemment à Masisi-centre après des mois de déplacement, de nombreux habitants agriculteurs et petits commerçants notamment, peinent à retrouver un équilibre dans leurs activités quotidiennes. Entre insécurité persistante, difficultés d’accès aux champs et baisse du pouvoir d’achat, la reprise économique est loin d’être évidente.
Lors d’un reportage réalisé le jeudi 14 août, plusieurs habitants ont exprimé leurs inquiétudes. Au marché central, une vendeuse de condiments confie son désarroi : « La vie est devenue difficile pour nous. On n’arrive plus à réaliser le gain quotidien comme avant, à cause du regain de l’insécurité. »
Même constat du côté des petits restaurateurs. Un vendeur de brochettes illustre la chute de son activité : « L’année passée, j’écoulais en un jour une quantité de viande de 15 000 à 20 000 francs congolais. Aujourd’hui, même avec 10 000 FC, je n’arrive pas à vendre tout en une journée. C’est très dur. »
Pour les agriculteurs, le défi est encore plus grand. Paul Ndagije, cultivateur, explique : « Le conflit armé a restreint l’accessibilité à nos champs à cause de l’insécurité. Comment suis-je censé survivre comme agriculteur ? Je vais de misère en misère. »
Au-delà de l’insécurité, l’instabilité du taux de change aggrave la vulnérabilité économique des familles déjà fragilisées. Les populations appellent les acteurs humanitaires à intensifier leur soutien dans cette zone où la résilience, seule, ne suffit plus.
Article rédigé à partir du reportage de la journaliste Samuel Lukuli, journaliste point focal de Habari za mahali, un bulletin produit par le consortium REMED, CORACON, UNPC et JED avec l’accompagnement de La Benevolencija Grand Lac.