Associations de femmes et de jeunes aux côtés du REMED dans la lutte contre Ebola
Dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, REMED, avec l’appui financier de l’UNICEF, mobilise les associations de femmes et de jeunes dans la lutte contre Ebola. Grâce aux causeries éducatives, aux réseaux sociaux et aux activités sportives et culturelles, ces associations diffusent les messages de prévention, combattent les rumeurs et encouragent le signalement rapide des cas suspects. Leur proximité avec les communautés en fait des acteurs essentiels du changement social et comportemental et de la rupture de la chaîne de transmission.
Dans les provinces de l’Ituri, du Nord et du Sud Kivu, la maladie à virus Ebola continue de menacer les communautés. Chaque jour, des familles vivent avec la peur de nouveaux cas. Face à cette réalité, le REMED, avec l’appui financier de l’UNICEF, déploie une stratégie centrée sur la Communication sur les Risques et l’Engagement Communautaire (CREC) ainsi que la Surveillance à Base Communautaire.
Les associations locales occupent une place centrale dans la vie des communautés. Elles ne sont pas seulement des structures organisées : elles sont des espaces de confiance, de solidarité et de mobilisation où les familles trouvent l’écoute et l’orientation. Leur influence dépasse souvent celle des institutions formelles, car elles sont enracinées dans le quotidien et parlent un langage proche des réalités locales.
C’est cette légitimité sociale qui leur permet de jouer un rôle décisif dans la riposte contre Ebola. En travaillant avec le REMED et grâce à l’appui financier de l’UNICEF, ces associations deviennent des actrices clés du Changement Social et Comportemental (SBC). Elles ne se limitent pas à transmettre des messages : elles transforment les attitudes et corrigent les fausses croyances.
Les associations de femmes, par exemple, organisent des causeries éducatives où elles expliquent les gestes de prévention, veillent à la protection des enfants et s’emploient à combattre les rumeurs qui fragilisent la riposte. Leur position dans les familles leur permet d’apporter des explications claires et adaptées, souvent dans les langues locales, ce qui renforce la crédibilité des messages.
Mme Jeanine, coordinatrice De l’association féminine TONDE TONDE, témoigne : « En travaillant avec REMED, nous avons appris à mener des séances de sensibilisation. Dans nos AVC mutuelles de femmes et nos formations en coupe et couture, avant chaque activité, nous parlons à nos mamans membres de ce qu’est Ebola et de la manière de protéger nos familles. Nous leur demandons ensuite de transmettre ces informations fiables dans leurs foyers. »
De leur côté, les associations de jeunes s’investissent avec énergie et créativité. Ils utilisent les réseaux sociaux pour toucher leurs pairs, mais aussi les activités sportives et culturelles pour transformer chaque rencontre en espace de sensibilisation.
Augustin Baderhe, représentant de l’association EPIJ-Asbl, souligne : « Notre motivation est de contribuer à couper la chaîne de transmission, parce que la maladie est toujours là. Si nous nous engageons, personne ne reste dans l’ignorance face à Ebola. »
Les effets de cette mobilisation communautaire se constatent chaque jour sur le terrain. Dans cinq Zones de Santé du Sud-Kivu — Bagira, Ibanda, Kadutu, Miti Murhesa et Katana — des milliers de personnes sont sensibilisées chaque semaine par les membres des associations. Les discussions organisées par les femmes et les jeunes permettent aux familles de mieux comprendre les gestes de prévention et de s’approprier les pratiques qui sauvent des vies.
Grâce à cette vigilance collective, les signalements communautaires se multiplient et permettent de détecter rapidement les cas suspects. Chaque alerte transmise par un relais communautaire ou une association devient une chance supplémentaire d’intervenir à temps et de briser la chaîne de transmission.
Ainsi, à travers leur influence et leur proximité, les associations locales ne sont pas seulement des partenaires : elles sont les véritables piliers du changement social et comportemental, capables de transformer la riposte contre Ebola en une dynamique communautaire durable et crédible.