Réponse à Ebola : le Directeur d’OCHA pour l’Afrique centrale et de l’Ouest échange avec les acteurs à Butembo
Le Directeur régional d’OCHA, Max Schott, a rencontré à Butembo les acteurs humanitaires et de la riposte afin d’échanger sur l’évolution d’Ebola, les difficultés opérationnelles, le financement et la coordination. Malgré une situation encore préoccupante, des avancées ont été relevées, notamment le laboratoire de Butembo et l’installation de nouveaux centres de traitement. REMED a participé à la rencontre et présenté le bulletin *Habari za Mahali* comme outil de diffusion rapide de l’information.
Le Directeur d’OCHA pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, Max Schott, a échangé ce mardi 22 septembre 2026 à Butembo avec plusieurs acteurs humanitaires et de la riposte sur la situation de la maladie à virus Ebola et les défis liés à la réponse. Cette séance de travail s’est tenue à l’occasion de sa visite dans la ville.
Les échanges ont notamment porté sur l’évolution de la situation épidémiologique, les difficultés opérationnelles rencontrées sur le terrain, la coordination de la réponse ainsi que la circulation de l’information. REMED a pris part à la rencontre à travers son chef de programme adjoint, Jean Baptiste KIYANA, et le staff SMEC, représenté par ses experts en communication et environnementaliste pour le Nord-Kivu.
Une situation épidémiologique toujours préoccupante
Au cours de la séance, le Dr Norbert TANKE, intervenant au nom de la coordination du Cluster Santé, a présenté la situation épidémiologique. Depuis le début de l’épidémie, 7 612 cas confirmés et 3 699 décès ont été enregistrés, soit une létalité de 48 %. La maladie affecte 63 zones de santé réparties dans sept provinces de la République démocratique du Congo.
Au Nord-Kivu, Katwa, Beni, Butembo et Musienene figurent parmi les zones de santé particulièrement touchées. Les échanges ont notamment mis en évidence les difficultés liées aux alertes tardives, au dépistage précoce et à l’accès aux soins. La prise en charge des patients demeure également un enjeu, alors que plus de 40 % des cas suspects ou confirmés sont actuellement suivis dans des structures de santé en dehors des centres de traitement Ebola (CTE) et des centres de traitement (CT).
Des défis opérationnels, mais aussi des avancées
Au cours de la présentation, il a été deploré des écarts entre la présence annoncée de certains partenaires et leur implication effective dans les activités quotidiennes des différents piliers de la riposte. Les difficultés d’accès à certaines zones et les contraintes liées au financement ont également été évoquées.
Plusieurs avancées ont toutefois été présentées. Le laboratoire de confirmation de Butembo, fonctionnel depuis le 23 août 2026, contribue à réduire les délais de confirmation des cas. L’amélioration de l’interaction entre les acteurs de la prise en charge et les structures d’orientation, le déploiement d’experts supplémentaires ainsi que la livraison de deux nouveaux CTE à Butembo figurent également parmi les progrès relevés.
Dans son intervention, Max Schott a appelé les acteurs à maintenir la vigilance, alors que l’évolution de la situation demeure contrastée selon les zones. Si une baisse des cas est observée dans certaines zones, d’autres enregistrent encore une tendance à la hausse. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts afin d’éviter une aggravation de la situation au Nord-Kivu.
Il a également rappelé l’importance de prévenir l’exploitation et les abus sexuels dans le cadre de l’action humanitaire.
Les acteurs partagent leurs attentes
Invités à partager leurs défis opérationnels et leurs attentes vis-à-vis d’OCHA, les acteurs présents ont notamment évoqué les difficultés d’accès et les contraintes liées au financement.
Il a par ailleurs été rappelé que le Plan de réponse humanitaire relève de la coordination d’OCHA, tandis que la riposte contre Ebola est conduite sous le leadership du gouvernement congolais et d’Africa CDC.
Le représentant de l’UNICEF s’est, pour sa part, prononcé favorable à la la multiplication des espaces d’échanges entre acteurs humanitaires. Ces cadres permettraient de renforcer le partage d’informations sur les interventions des différents piliers et de réduire les gaps d’information dans la riposte.
L’information comme levier de la réponse
Les échanges ont également porté sur le rôle de l’information dans la réponse à l’épidémie. Jean Baptiste, chef de programme adjoint de REMED, a présenté le potentiel du bulletin humanitaire Habari za Mahali comme outil de diffusion rapide d’informations sur les activités et les enjeux liés à la riposte. Produit au Nord et au Sud-Kivu par le consortium REMED, CORACON, UNPC et JED, avec l’appui financier de La Benevolencija, le bulletin constitue un canal d’information de proximité destiné aux communautés et aux acteurs humanitaires.
Les interventions de REMED dans la réponse à Ebola en Ituri et au Sud-Kivu, avec l’appui de l’UNICEF, ont également été évoquées au cours des échanges. Cette séance a permis aux acteurs présents de partager les réalités opérationnelles rencontrées sur le terrain et d’échanger sur les moyens de renforcer la coordination, l’accès humanitaire et la circulation de l’information dans la réponse à Ebola.